Avez-vous vraiment besoin de méditer ?
- Le 06/09/2026
- Dans Actualités
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Article de Bernard Klein dans Tao-Yin, Hors-série n°6, 2000, page 8
Si vous n’avez pas envie de méditer, pourquoi méditeriez-vous ?
Si vous n’avez pas compris que c’est
le bruit de la voiture qui passe, dehors,
la lumière du soleil contre le mur,
le contact de votre main sur la table,
chaque chose, chaque sensation, chaque chose-sensation,
qui sont importants…
et non pas votre carrière, vos problèmes financiers ou sexuels,
pourquoi méditeriez-vous ?
Si vous n’êtes pas totalement amoureux de la sensation que vous procure chaque bouchée de nourriture,
si nous ne perdez pas la tête en face du silence de la nuit,
si vous ne tombez pas en adoration devant le vol du moucheron,
au lieu d’engloutir en lisant le journal,
de vous étourdir de musiques excitantes,
et de sursaturer l’air d’insecticide,
pourquoi méditeriez-vous ?
Si vous vous ennuyez,
pourquoi méditeriez-vous ?
Quand vous aurez terminé vos exercices de méditation,
vous pourrez commencer à méditer.
Quand vous en aurez fini avec les rituels, même inconscients,
et que la vie quotidienne pourra, à nouveau, vous surprendre,
quand vous vous disputerez avec votre partenaire,
quand vous crierez après vos enfants,
quand vous maudirez votre patron,
quand vous aurez peur,
alors, vous saurez si vous voulez de la méditation ou si en réalité, elle n’est pour vous qu’un hobby…
Car s’il ne vous arrive jamais de vous contempler dans la colère,
de vous livrer à l’investigation posée de vos angoisses,
de percevoir avec un acuité hors du commun la souveraine grandeur des choses insignifiantes,
s’il ne vous arrive même jamais de vous arrêter et de vous gratter la tête en vous demandant à quoi ça rime tout ça,
pourquoi méditeriez-vous ?
Le germe de l’état de méditation est dans cette faculté de recul par rapport à soi-même, en même temps que de compénétration intime de toute chose.
Si ce germe démontre son existence en vous,
il vous suffira de veiller à ce qu’il ne soit pas étouffé par vos habitudes.
Et si vous ne l’étouffez pas trop, si vous ne vous abrutissez pas complètement dans des occupations futiles et dans des préoccupations égoïstes,
il grandira de lui-même.
Mais c’est un gros travail que de veiller à ne pas l’étouffer.
Et ce travail, absolument quotidien, C’EST la méditation !
Commentaires
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- 1. Sally Le 06/09/2026
Très bien, et très compréhensible à la lecture
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